Lettres ouvertes

Remettre les pendules à l’heure

23 novembre 2023

Contexte

Au cours des dernières semaines, les permis de travail fermés des travailleurs étrangers temporaires (TET) ont fait couler beaucoup d’encre dans les médias, prétextant qu’ils pourraient être la cause d’une forme d’esclavage moderne des pays démocratiques comme le Canada.

Aucun travailleur, qu’il soit étranger ou canadien, ne devrait être victime d’abus. C’est tolérance zéro. Les cas des TET rapportés dans les médias sont indéfendables, et en tant que représentants économiques, nous condamnons fortement les employeurs qui ont des comportements abusifs.

Cependant, il faut rappeler que ces situations où des travailleurs étrangers temporaires sont victimes d’employeurs abusifs demeurent extrêmement rares : on parle d’une vingtaine d’entreprises depuis 2016 sur les 200 000 entreprises qui emploient des TET. De plus, il existe déjà des mesures afin de permettre aux travailleurs de dénoncer les abus et de protéger les employés étrangers dans de telles situations.

Le programme des TET a des avantages pour l’aspect tant social qu’économique. Tout d’abord, il permet de répondre aux besoins de main-d’œuvre d’entreprises qui ne trouvent pas les talents dont ils ont besoin alors qu’on manque de travailleurs. Aussi, les TET pourvoient plusieurs postes dans des secteurs moins attirants pour les travailleurs nés ici, mais pourtant incontournables pour le bon développement de notre société : alimentation, agriculture, tourisme, etc.

Sur le plan social, le programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) vient avec plusieurs obligations qui protègent les travailleurs. Tout d’abord, les employeurs doivent démontrer que les travailleurs étrangers temporaires ne prennent pas la « job » d’un travailleur d’ici avant de les engager, on évite ainsi une concurrence inégale entre les citoyens et les travailleurs étrangers temporaires. Aussi, la rémunération des travailleurs est déterminée par le gouvernement, on est loin de l’image du travailleur au rabais : ils gagnent un salaire décent, parfois supérieur à celui des travailleurs québécois. Le PTET leur garantit aussi un accès à une assurance maladie et, dans certains cas, à un logement.

Si l’on veut mettre en place les bonnes solutions qui permettront d’éviter les abus, résistons à la tentation de mettre tous les employeurs dans le même panier en laissant croire que c’est un phénomène généralisé. Assurons la protection des travailleurs d’ici et d’ailleurs, garantissons l’équilibre sur le marché du travail et visons collectivement la tolérance zéro en matière de non-respect des droits des travailleurs.

Publiée par Karl Blackburn, Président et chef de la direction, Conseil du patronat du Québec (CPQ) et trois autres cosignataires*

* Cosignataires : Pierre Graff, président-directeur général, Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ), Francois Vincent, vice-président – Québec, Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI), Véronique Proulx, présidente-directrice générale, Manufacturiers & Exportateurs du Québec (MEQ)