Lettres ouvertes

L’impératif de la productivité : un sursaut nécessaire pour le Québec

16 février 2026

Contexte

La question de la productivité manufacturière au Québec est au cœur de notre prospérité économique et de notre souveraineté industrielle, ce n’est pas un enjeu secondaire. Le secteur manufacturier est un pilier de l’économie québécoise, tant par sa contribution à la création de richesse, à l’innovation et aux exportations que par son rôle dans le maintien d’emplois bien rémunérés sur l’ensemble du territoire.

Aujourd’hui, le contexte économique accentue l’urgence d’agir. Les tensions commerciales et l’incertitude freinent les investissements, alors même que nos entreprises doivent devenir plus résilientes face à des chaînes d’approvisionnement et à des conditions de marché qu’elles ne contrôlent pas.

Heureusement, le Québec dispose de tous les leviers pour y arriver. Les solutions sont connues, les outils existent, les savoir-faire sont là et l’appui de l’écosystème est disponible. Les entreprises sont conscientes des défis et veulent maintenant passer à l’action.

C’est dans cet esprit qu’est née l’initiative collective Talan « Impératif productivité », qui a mobilisé des centaines d’entreprises manufacturières et des experts partout au Québec. Le message qui ressort est clair : pour transformer ce potentiel en gains concrets, il faut une action concertée et rapide.

Nous appelons donc le gouvernement du Québec à poser des gestes structurants autour de six priorités claires :

1. Prioriser la croissance de la productivité par tous les moyens

Le chemin vers une meilleure productivité peut prendre des formes diverses et ne passe pas uniquement par l’implantation de solutions technologiques et de l’IA, mais aussi par la définition et la maîtrise des processus, la mise en place des systèmes TI de base, la formation des employés, etc. Il est donc crucial que le gouvernement mette de l’avant l’augmentation de la productivité à tout prix par le biais de ses programmes. La quête n’est pas de pousser l’adoption de technologies, mais l’augmentation de la productivité par le biais des outils et des solutions les mieux adaptées aux besoins de chaque entreprise.

2. Se donner un objectif d’amélioration de la productivité rassembleur et mesurable avec d’autres juridictions

La productivité doit devenir un indicateur central des politiques économiques du Québec. Un objectif clair, suivi et public, permettra de mesurer les progrès et d’ajuster les actions à travers une reddition de comptes de l’aide gouvernementale.

3. Mieux publiciser les programmes d’aide gouvernementaux

Les programmes offerts par le gouvernement du Québec sont nombreux, mais souvent mal connus, surtout pour les PME qui peinent à s’y retrouver. L’accès doit être simplifié et mieux communiqué. Les programmes doivent être mieux communiqués, plus accessibles et appuyés par les réseaux régionaux.

4. Retirer les embûches supplémentaires aux entreprises

Le gouvernement doit savoir se retirer du chemin pour réellement aider les entrepreneurs. Trop de barrières freinent encore la croissance des entreprises manufacturières, notamment la lourdeur administrative et la fiscalité. Réduire ces freins libérerait des ressources pour améliorer la productivité.

5. Mettre la productivité au centre d’une stratégie industrielle porteuse pour le Québec

La quête d’une augmentation notoire et rapide de notre productivité manufacturière devrait être enchâssée dans une stratégie industrielle nationale. Cette stratégie devra viser à transformer davantage nos ressources ici, à maintenir nos parts de marché, à diversifier nos exportations et à développer localement des produits à plus forte valeur ajoutée.

6. S’engager dans une mobilisation nationale en faveur de la productivité

Le gouvernement doit assumer un leadership dans la sensibilisation et la mobilisation de l’écosystème manufacturier en faveur de la productivité. C’est en s’engageant directement auprès du plus grand nombre d’entreprises que le potentiel économique d’une hausse de la productivité sera maximisé.

Cet appel est une invitation à un sursaut collectif. La productivité n’est pas une contrainte, elle est la condition de la prospérité du Québec, de notre autonomie et de notre capacité à relever les défis de la transition écologique, de la démographie et du nouvel ordre mondial.

Chaque jour qui passe sans qu’on agisse creuse l’écart. Chaque initiative coordonnée nous rapproche d’un Québec plus productif, plus innovant et plus résilient.

Impératif productivité est un mouvement national. Un mouvement pour l’action, pour la fierté industrielle et pour le futur d’un Québec performant.

Cosignataires : François Vincent, vice-président pour le Québec, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante ; Julie White, présidente-directrice générale, Manufacturiers et Exportateurs du Québec ; Dany Charest, directeur général, TechniTextile Québec ; Frédéric Chevalier, directeur général, Réseau de la transformation métallique du Québec ; Carl Boily, directeur général, PERFORM ; Steve Gingras, directeur de comptes, Génik ; Françoys Labonté, président-directeur général, Centre de recherche informatique de Montréal ; Marie Lapointe, présidente-directrice générale, Association de l’industrie électrique du Québec