Lettres ouvertes

Fabriquer l’avenir

27 février 2026

Contexte

Alors même que la Semaine du manufacturier bat son plein et que des élèves partout au Québec sont invités à découvrir l’industrie et à visiter des usines, il faut se dégager de cette ornière, de cette idée reçue, qui nous fait voir l’université comme l’aboutissement d’un parcours réussi et le métier manuel comme un plan B menant à un destin rabougri.

Il y a sans doute plusieurs réponses à la question très sérieuse de la sous-scolarisation des garçons, mais la dévalorisation des emplois manuels ne doit pas en être une.

Nos sociétés reposent encore sur des gens de métier

Aussi sophistiquée que soit notre société, elle repose encore sur des métiers manuels. C’est encore grâce aux gens de métier qu’on a un toit, des meubles, des moyens de transport et un garde-manger rempli.

La nécessité d’un secteur manufacturier fort, dynamique, innovant est partout.

Rappelons-nous comme nous avons payé chèrement pendant la pandémie, l’absence d’usines de fabrication de certains équipements sanitaires et biomédicaux au Québec; quand on voit nos infrastructures en mauvais état; quand le premier ministre Carney annonce une stratégie industrielle de défense; quand le président Trump nous menace de tarifs, c’est toujours le secteur de la fabrication qui est en cause.

Le secteur manufacturier, même si on s’en est désintéressé trop longtemps, demeure un pilier de l’économie du Québec. En 2024, il représentait 12,3 % du PIB québécois et 86,1 % des exportations. Plus d’un demi-million de personnes travaillent dans les quelque 13 600 entreprises manufacturières du Québec.

Dans ces secteurs en pleine transformation technologique, il y a des universitaires, en grand nombre, des ingénieurs, gestionnaires, financiers, chercheurs, mais aussi beaucoup beaucoup de métiers manuels, techniciens, opérateurs, électromécaniciens, machinistes qui supportent des activités essentielles qui sont à la source de notre qualité de vie et de notre prospérité.

Et ces emplois, pour toutes sortes de raisons, sont surtout occupés par des hommes qui n’y sont pas faute d’avoir réalisé leur plein potentiel, mais parce qu’ils sont mus par le désir ardent de fabriquer l’avenir, le leur, celui de leur famille, celui de notre pays.

Apprenons à valoriser avec une fierté égale, une admiration égale, les parcours de savoirs et de savoir‑faire.