BUDGET FÉDÉRAL 2026 : DES MESURES POUR STIMULER L’INVESTISSEMENT, MAIS DES ATTENTES QUI DEMEURENT POUR LES MANUFACTURIERS QUÉBÉCOIS

Ottawa, le 5 novembre 2026 – Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) accueille favorablement la volonté du gouvernement fédéral de stimuler l’investissement et de renforcer la compétitivité de l’économie canadienne dans son budget 2026. Si plusieurs mesures envoient un signal positif aux entreprises, MEQ demeure préoccupé par l’absence de nouvelles mesures ciblées pour soutenir les manufacturiers touchés par les tarifs américains et par le manque d’orientations concrètes concernant les travailleurs étrangers temporaires. 

Dans ce contexte marqué par l’incertitude commerciale et une concurrence accrue pour attirer les investissements, MEQ rappelle l’importance de faire du Canada un endroit de choix pour investir, produire et développer ses activités. 

Des mesures positives pour encourager l’investissement et la productivité 

MEQ salue notamment la pérennisation et l’élargissement de la Mégadéduction à la productivité, qui rend permanents plusieurs incitatifs fiscaux à l’investissement et élargit leur portée. Cette mesure, réclamée depuis longtemps par le secteur manufacturier, constitue un levier important pour encourager les entreprises à moderniser leurs installations, à investir dans de nouveaux équipements et à améliorer leur productivité. 

MEQ accueille également favorablement le nouvel Incitatif canadien à la croissance, qui prévoit notamment une exonération d’impôt pouvant atteindre 15 millions de dollars sur les gains en capital admissibles. Cette mesure permettra aux entreprises à fort potentiel de mobiliser davantage de capitaux et de soutenir leur croissance. 

Le renouvellement du financement destiné à améliorer l’efficacité énergétique des installations industrielles et manufacturières constitue également une avancée intéressante. Cette initiative pourra contribuer à la modernisation des installations et renforcer la compétitivité des entreprises dans un contexte où la demande de produits à faible empreinte carbone est appelée à croître.  

Ces mesures représentent des signaux encourageants pour l’investissement. MEQ rappelle toutefois que des efforts supplémentaires demeurent nécessaires pour améliorer durablement l’environnement d’affaires, notamment en matière de fiscalité et de simplification administrative. 

Allègement réglementaire : des engagements qui doivent maintenant se concrétiser 

MEQ accueille favorablement la volonté du gouvernement fédéral d’accélérer la réalisation des projets stratégiques et de réduire le fardeau réglementaire des entreprises. Ces orientations s’inscrivent toutefois dans la continuité d’engagements déjà annoncés, notamment avec le projet de loi C-39. Il est important d’éliminer les irritants administratifs et réglementaires qui compliquent l’environnement d’affaires des entreprises. 

Main-d’œuvre : une occasion manquée pour les manufacturiers d’ici 

La question de la main-d’œuvre demeure l’une des principales déceptions de ce budget pour MEQ. Alors que le gouvernement souhaite accélérer les investissements dans les infrastructures, l’énergie, la défense et le développement industriel, les entreprises doivent pouvoir compter sur les travailleurs nécessaires dans chaque région pour réaliser ces projets. 

Or, le budget ne présente pas d’orientation claire pour répondre aux préoccupations des employeurs concernant les travailleurs qualifiés pour répondre aux besoins du secteur manufacturier ou encore le dossier des travailleurs étrangers temporaires. Cet enjeu demeure majeur pour de nombreuses entreprises manufacturières, dans toutes les régions du Québec, qui dépendent de cette main-d’œuvre pour maintenir leurs activités et soutenir leur croissance. MEQ réitère l’urgence d’apporter de la prévisibilité et des politiques claires en matière de main-d’œuvre.  

Tarifs américains : des besoins immédiats du secteur manufacturier 

Malgré les mesures favorisant l’investissement à long terme, MEQ souligne l’absence de nouvelles mesures ciblées pour répondre aux conséquences des tarifs américains et à l’incertitude commerciale qui continue de peser lourdement sur les manufacturiers québécois. 

Si des programmes existants, notamment l’Initiative régionale de réponse tarifaire (IRRT), offrent certaines possibilités de soutien, les entreprises doivent pouvoir compter sur une aide qui est adaptée à l’ampleur des difficultés auxquelles elles font face. Le recours à des prêts ne peut, à lui seul, répondre aux besoins des manufacturiers qui subissent des pressions immédiates sur leurs coûts, leurs liquidités et leurs activités. 

Miser davantage sur les retombées pour les entreprises d’ici 

Enfin, MEQ salue la volonté du gouvernement de privilégier les produits, les fournisseurs et les technologies canadiennes dans certains projets, notamment dans le secteur de l’électricité. C’est un signal positif pour renforcer les chaînes d’approvisionnement nationales et favoriser les retombées des investissements publics. 

MEQ aurait toutefois souhaité voir cette approche s’étendre à un plus grand nombre de secteurs économiques. Les investissements publics dans les infrastructures, l’énergie et la défense doivent représenter de véritables occasions pour l’ensemble des manufacturiers québécois et canadiens, particulièrement les PME. 

« Nous sentons une réelle volonté du gouvernement fédéral de stimuler l’investissement et de créer un environnement plus favorable à la croissance économique. C’est un signal positif dans le contexte actuel. Mais il faut aussi être clairs : ce budget laisse les préoccupations majeures de nos manufacturiers sans réponse. Les entreprises qui subissent les conséquences des tarifs américains ont besoin d’un soutien concret, pas simplement de nouvelles possibilités d’emprunt. Et sur la main-d’œuvre, particulièrement les travailleurs étrangers temporaires, nous sommes déçus de ne pas voir de solutions à la hauteur des besoins du secteur manufacturier. Ce sont des enjeux qui touchent directement leur capacité à produire, à investir et à maintenir leurs activités dans toutes les régions du Québec. Nous demeurons pleinement disposés à travailler avec le gouvernement pour que ces préoccupations soient entendues rapidement et que les engagements annoncés se traduisent en résultats concrets sur le terrain », souligne Stéfanie Tougas, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec. 

MEQ poursuivra ses représentations auprès du gouvernement fédéral afin que les priorités des manufacturiers québécois soient prises en compte dans la mise en œuvre des mesures budgétaires et que celles-ci contribuent véritablement à renforcer la compétitivité de nos entreprises. 

À propos de Manufacturiers & Exportateurs du Québec (MEQ)

Le secteur manufacturier est l’un des piliers économiques du Québec. En 2025, il représente 11,7 % du PIB québécois ainsi que 86,9 % des exportations. La fabrication est le secteur économique le plus important relativement à sa contribution au PIB du Québec. Le secteur manufacturier a généré des ventes globales de 221.2 milliards de dollars en 2024 et il emploie 503 300 personnes au Québec. Il y a 13 376 entreprises manufacturières au Québec. 

Renseignements

Jessica Rousseau 

jrousseau@tactconseil.ca  

438 396-8288